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De
Forcalquier à Céreste...
Pour cette dernière journée, nous partirons de Forcalquier en empruntant la N 100 jusqu'à Céreste. Sur seulement 20 km, vous aurez de quoi remplir une journée entière de visite. Vous pourrez rencontrer en suivant cette voie qui longe l'antique parcours de la Via Domitia les lieux suivants :
MANE
Cette
petite ville que nous vous avons déjà fait traverser, nous allons maintenant
nous y arrêter.
En dehors du passage de la route nationale, Mane est un site pittoresque et agréable. Son climat exceptionnel l'a conduit à être occupé de longue date comme en attestent les nombreux tumuli préhistoriques. Le nom de Mane vient d'ailleurs de la déesse Mana Génita qui présidait aux funérailles. La commune s'est constituée à l'époque gallo-romaine au lieu-dit "les Escagnettes" qui accueillait le "Forum Néronis", un grand marché facilité par le passage de la voie Domitienne.
De son riche passé moyenâgeux, Mane conserve sa vieille ville aux ruelles en pente, sa citadelle enserrée de 3 500 mètres de remparts, son église du XVIème au portail florentin et au maître autel en marbre polychrome.
Plusieurs édifices religieux sont également présents, le couvent des Minimes fondé en 1609 et le monastère des Bénédictins (du XIIIème) où les moines de Sénanque s'installèrent en 1866.
Mane possède également deux joyaux de Haute-Provence immédiatement à la sortie de la ville.
Le prieuré de Salagon
Le
premier est le prieuré de Salagon qui possède une église du XIIème, des bâtiments
prieuraux du XVème et plusieurs granges du XVIIème.
L'ensemble a été restauré avec soin et l'association "Alpes de Lumière" qui souhaite installer à proximité un important centre artistique participe avec les collectivités locales à l'animation du lieu en organisant de nombreuses expositions et en entretenant un jardin ethnologique médiéval et un jardin des "simples" (plantes médicinales).
Salagon accueille aussi des stages de sensibilisation aux arts (modelage de l'argile, mosaïques et pierres de construction, photographie et ethnologie...).
Le château de Sauvan
Le deuxième joyau est le château de Sauvan qui porte avec raison le surnom de "petit Trianon de Provence".
Ce magnifique palais fut construit pour François de Forbin Janson au XVIIIème. Autre élément remarquable pour ce château, la réhabilitation est l'oeuvre de deux passionnés qui depuis 1981 sans aide extérieure en s'appuyant principalement sur les recettes des visites et une bonne approche "marketing" (il est possible entre autres de se marier au château et de vivre sa nuit de noce dans le lit à baldaquin du noble Forbin), a permis de restaurer et de remeubler le lieu tel qu'il était à l'origine.
Les jardins sont également restaurés avec soin et nous ne pouvons que saluer l'acharnement des propriétaires qui prouve que l'on peut conjuguer préservation du patrimoine culturel et activité économique (les gros travaux ont certainement occupé de nombreux artisans).
VILLEMUS
Situé à gauche de la N 100 en direction de Céreste, Villemus est un agréable petit village typiquement provençal à l'architecture homogène du XVIème et XVIIIème. Vous pourrez y trouver des ruines féodales, une église du XVIIème et le pont de l'ancien prieuré.
Depuis
la route nationale, vous serez attiré par le village de Reillanne à votre
droite.
Ce village gaulois devint un bourg romain qui fut élevé au rang de "Cité-Marché". Une stèle trouvée en contrebas du site actuel qui était occupé par le marché prouve que Reillanne jouissait de privilèges "municipes" (autonomie municipale et droit de bourgeoisie).
Reillanne qui est également un pittoresque village provençal conserve de nombreuses traces de son passé :
MONTJUSTIN
Avant d'arriver à Céreste, sur le coté gauche de la route se trouve Montjustin.
Le village situé sur une crête daterait de l'époque romaine. Au moyen-âge, le Castrum fortifié de Montjustin protégeait la vallée.
Malheureusement; en 1589, le Duc de la Valette qui allait détruire Beaumont voulut y faire reposer sa troupe, les villageois craignant d'être mis à contribution refusèrent. En un jour, le village fut pris, 30 personnes pendues, les murailles rasées, l'église et les maisons brûlées, les biens pillés.
Il est à noter qu'un des derniers habitants de Montjustin est le peintre Serge Fiorio qui partage son temps entre agriculture, élevage et peinture...
Avant de rejoindre Céreste, nous nous rendrons à l'abbaye de Carluc qui est indiqué sur le côté droit de la N 100.
Le prieuré de Carluc.
Ce
haut lieu de la vie spirituelle semble exister depuis plus de 2 000 ans. Comme
on le dit, "ici on ne parle qu'à voix basse". Carluc, certainement
site druidique (présence d'une source qui ne se tarit jamais et d'une grosse
pierre qui aurait servi d'autel de sacrifice), vit l'installation des précurseurs
du christianisme (IVème). Ces anachorètes qui vivaient comme des ermites
commencèrent à diffuser la nouvelle religion en Haute-Provence, et de nombreux
convertis se firent enterrer sur le site près des Saints locaux (présence de
nombreuses sépultures anthropomorphes).
Après les invasions barbares,
une bulle du pape Léon VIII en 964 faisait don du "Monastère abandonné
et très ancien de Carluc" à l'abbaye Clunisienne de Montmajour. Une
renaissance eut donc lieu et de nombreux pèlerins en route
pour
Compostelle faisaient étape pour être soignés.
Au XVIIème, le site sera de nouveau abandonné et occupé par un agriculteur qui installa une étable dans la chapelle.
Depuis 1978, une association dont le siège se trouve à la mairie de Céreste remet en valeur le site avec beaucoup de courage et de volonté. C'est ainsi que l'on peut désormais le visiter à nouveau.
CERESTE
Dernière étape de notre découverte du Pays de Forcalquier, la commune de Céreste est située le long de l'antique voie Domitienne (dont plusieurs vestiges sont indiqués le long de la N 100).
Les
romains fondèrent la place forte de Coesaris Stadio qui donna son nom à Céreste.
Il reste également de nombreux vestiges moyenâgeux comme les ruines féodales
ceinturées de la vieille ville et le pont (classé) sur l'Encrême.
Céreste est un charmant village à l'architecture homogène qui compte de nombreuses habitations rénovées et récentes, signe que la démographie y est prospère.
Il est vrai que la nature environnante offre de belles possibilités de promenades, que le climat est sain et que le ciel y est pur et non pollué.
C'est ainsi que nous terminerons notre découverte du Pays de Forcalquier qui, comme vous l'aurez certainement constaté, vaut bien le Lubéron que je qualifierai d'officiel...
Vous pourrez de Céreste regagner Manosque (20 km) et l'autoroute par la N 100 et D 907.
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