| Préhistoire | Antiquité | Du VIe au XVe | Du XVe au XVIIIe | Histoire Moderne |
Les grandes civilisations antiques, la paix romaine, les invasions barbares
La Paix Romaine Les invasions barbares
LES GRANDES CIVILISATIONS ANTIQUES
Au début de cette époque, la région est peuplée de Ligures. Ceux-ci ne sont probablement pas indo-européens mais plus certainement les descendants unifiés des hommes préhistoriques dont nous venons de parler. Les Ligures sont des hommes petits et trapus, vigoureux et batailleurs.
Un géographe grec du nom de Posidonios parle d'eux en ces termes :
"Leur pays est sauvage et aride, le sol est si pierreux qu'on ne peut rien planter sans se heurter au rocher. Le travail pénible et les privations rendent la vie des Ligures difficile et leur font le corps maigre et sec. Les femmes doivent trimer comme les hommes... Les hommes compensent leur manque de blé par le produit de la chasse. Ils escaladent les montagnes comme des chèvres."
On
doit peut-être à ce peuple les fameuses "bories", cabanes de bergers en pierres
sèches (bien que la presque totalité de celles qui nous restent ont été
construites au XIXème), ainsi que les mystérieuses peintures rupestres du mont Bégo et de la
vallée des Merveilles dans les Alpes Maritimes.
A ce peuple ligure viennent se mêler des Celtes (indo-européens originaires d'Europe centrale) entre –900 et –500. Ces Celtes, avant de s'installer en Provence, étaient ceux qui avaient failli détruire Rome, sauvée par les cris des oies du Capitole. Ces envahisseurs, moins nombreux que les Ligures, se fondent petit à petit dans la masse et l'on peut parler d'une civilisation Celto-Ligure.
A cette époque, on construit des villages fortifiés sur les hauteurs appelés Oppida par les Romains, on en dénombre 165 dans le Var et 285 dans les Alpes Maritimes. Les terres du nord, plus riches, ont fait que la population se situe surtout dans cette partie de la région (Alpes de Haute Provence, Vaucluse, Nord du Var et des Bouches du Rhône). Ce mélange donne naissance à une confédération composée d'une cinquantaine de peuplades dirigées chacune par un roi, les principales sont les Voconces de l'Isère au Ventoux, les Cavares dans la plaine du Comtat, et les Salyens du Rhône au Var (la capitale de ces derniers est sur l'oppidum d'Entremont, près d'Aix-en-Provence).
-600 :
Très tôt, la côte provençale est visitée par des peuples orientaux qui y installent des comptoirs commerciaux permanents. C'est le cas des navigateurs de l'île de Rhodes qui vont jusqu'à Rosas en Espagne et à qui l'on est tenté d'attribuer le nom du fleuve Rhône. Ces navigateurs orientaux cherchent pour s'implanter îlots, acropoles et collines détachées, petits fleuves, ports étroits et profonds. Comme tous ces éléments existent à Marseille, on peut comprendre pourquoi un groupe venu de Phocée (mer ionienne) vers l'an 600 crée Marseille. Le roi local, appelé Nann, les autorise pacifiquement à s'installer, plus à cause des avantages commerciaux que par la légende qui dit que la belle Gyptis, fille de Nann, tomba amoureuse d'un jeune phocéen, Protis. Le développement de cette colonie est rapide, surtout après –540 et la destruction par les Perses de l'antique Phocée. Les Marseillais sont très rapidement jalousés et doivent se battre non seulement contre les Ligures mais aussi contre les Etrusques et les Carthaginois, notamment en Corse. Cette victoire est célébrée à Delphes par le "Trésor des Marseillais".
-300 :
Marseille est la première république créée en France, ses institutions sont stables et simples, orientées vers le commerce et citées en exemple par Aristote, Cicéron et Strabon. La loi interdit aux citoyens de porter une arme, les spectacles de mimes et aux femmes l'usage du vin (ce qui est une sage mesure), de plus la cité est fermée à "tous ceux qui, sous couvert de religion, cherchent à nourrir leur paresse".
Un
illustre marseillais nommé Pythéas, en dehors de sa réputation de menteur
(comme quoi la galéjade a déjà cours sur le vieux port), est capable de déterminer
la latitude exacte de Marseille, d'expliquer l'origine des marées et ainsi de
naviguer dans l'Atlantique. Il organise une expédition qui l'amène en
Angleterre, puis en Thulé (Islande), aux Shetlands et en Norvège. Euthymène,
lui, se rend jusqu'au Sénégal qu'il prend pour le Nil.
Le commerce des Marseillais permet les échanges avec l'Orient (jusqu'en Egypte), ainsi, l'ambre de la Baltique et l'étain de Bretagne, acheminés jusqu'à Marseille par les routes terrestres gauloises de la vallée du Rhône et de la Saône. De plus, les productions locales (vins, sel, salaisons, plantes aromatiques) ont également ainsi un débouché. Pour ce faire, les Marseillais créent sur la côte provençale de nombreux ports de cabotage (la Ciotat, le Brusc, Hyères, Brégançon, Cavalaire, Saint-Tropez, Antibes, Nice et Monaco).
Marseille s'étend également sur la région, puisque le géographe Etienne de Byzance (VIème siècle) affirme que Avignon et Cavaillon sont en Massalie. Cette expansion se fait au détriment des Salyens qui réagissent en détruisant la colonie de Théliné et en installant Arles à la place. Le roi Catumarandos attaque Marseille qui paye une forte rançon pour le calmer.
-200 :
Marseille, qui de longue date entretient des rapports plus qu'amicaux avec une jeune cité pleine d'avenir du Latium qui s'appelle Rome (les Marseillais bénéficiaient de réduction sur les places de spectacle), soutient ces romains lors des guerres contre Carthage. Lorsque Hannibal traverse le Rhône près d'Orange avec ses éléphants, deux légions ont débarqué à Marseille mais doivent repartir sans combattre car heureusement Hannibal a décidé de franchir les Alpes plus au nord. Ainsi la région est à peine touchée par cette invasion.
Les romains devenus maîtres de l'Espagne et ayant besoin de voies de communication terrestres s'accommodent mal des pirateries et brigandages des Ligures, en –189 et –154 les troupes de Rome mettent au pas ces derniers.
-125 :
Les Salyens menacent à nouveau Marseille qui fait appel aux romains, ces derniers passent les Alpes, certainement au col de Larche, soumettent les Ligures de Barcelonnette, les Voconces et les Salyens. Le consul Sextius Calvinus arrivé avec de nouvelles légions détruit la capitale Salyenne d'Entremont (des boulets de pierre de 6 Kg ont été retrouvés) et fonde la première capitale de la future Narbonnaise sur le site d'Aquae Sextiae (Aix-en-Provence).
Le proconsul Domitius étend progressivement la domination de Rome sur un vaste pays représentant la moitié sud de la France actuelle en créant un rempart aux invasions (en –123, 100 000 gaulois auraient été tués lors d'une bataille en Isère).
A peine installée, la Provincia qui donnera le nom Provence est menacée par les Teutons et les Cimbres qui finalement préfèrent s'installer en Espagne et en Gaule du nord. Malgré tout, le consul Marius est envoyé avec cinq légions pour assurer la sécurité de la Provence. En –102, les Barbares reviennent, ils passent la Durance vers Cavaillon, Marius les suit et les rejoint près d'Aix. Ce sont près de 100 000 guerriers qui auraient péri sur la colline du Montaiguet et non à Pourrières qui ne tient pas son nom de "Putridi" (champ engraissé par les cadavres) mais de "porri" à cause de la culture des poireaux.
Cet
épisode a rendu très populaire le prénom de Marius, en particulier à
Marseille.
-58 :
La Provincia est administrée par un jeune Consul nommé Jules César qui depuis cette base d'opération envahit la "Gaule Chevelue" du nord. Pendant la guerre civile qui ébranle Rome, la brillante cité de Marseille préfère soutenir Pompée. Cette erreur de jugement de la part d'avisés commerçants met César en colère; il fait le siège de Marseille sur terre et sur mer. En –49, Marseille perd ses bateaux, son trésor et son indépendance.
Durant une assez longue période, la Pax Romana va permettre une lente assimilation des populations de la région à l'empire romain, à tel point que la Provincia est appelée par Pline "une autre Italie". La Provence campagnarde et rustique devient urbaine et la prospérité permet la construction de bâtiments d'agrément, de théâtres (Arles, Marseille, Fréjus, Apt, Orange, Vaison...), des thermes publics (Vaison, Cimiez...). A cette époque, de nombreux Provençaux font carrière à Rome (le Voconce Burrhus, ministre de Néron, le médecin Crinas, diététicien qui construit à ses frais les remparts de Marseille et lègue 10 millions de sesterces à sa ville, le Consul Pompeius Paulinus, beau-père de Sénéque, le sénateur Annius Camars, arlésien qui donna son nom à la Camargue...). De plus modestes s'engagent dans l'armée et reviennent jouir de leur retraite au pays, certains ont même accès à la garde prétorienne pourtant réservée aux Italiens.
La
langue devient rapidement le Latin et des écoles s'ouvrent à Marseille et
Arles. Les anciens dieux ligures sont intégrés au Panthéon, Toutatis est
assimilé à Mars, Belenos à Apollon...
Petit à petit, une nouvelle foi commence à apparaître, des orientaux accostant à Marseille et à Arles introduisent le christianisme. Mais, dans cette époque prospère, cette religion n'a que peu de retentissement avant l'an 250. Seuls quelques ermites (anachorètes) s'installent dans des grottes (site druidique de Carluc) et répandent "la bonne parole". Des persécutions ont malgré tout lieu (Genés à Arles, l'évêque Auspice à Apt, le sénateur Pons à Cimiez...). Malgré cela, vers l'an 300, cette religion compte de ferventes communautés dans plusieurs villes.
Il est clair qu'à cette époque, les villes phares de la Provence sont Marseille et surtout Arles (en 370 le poète Ausone l'appellera la Rome des Gaules) dont les ruines encore présentes attestent d'une vigoureuse civilisation gallo-romaine.
CHUTE DE L'EMPIRE ROMAIN ET INVASIONS BARBARES
La lente agonie de l'empire romain commence en 253 avec des tentatives d'incursion d'Alamans et de Francs. Ces troubles font que les riches propriétaires terriens délaissent les villes pour mieux protéger leur vaste "Villae". De plus, insidieusement, une décadence sociale et économique s'installe, l'administration plus nombreuse instaurée par Dioclétien ne parvient pas à enrayer ce déclin.
Curieusement, c'est le christianisme qui va profiter de cette époque trouble. L'Eglise se structure en fonction des découpages administratifs (province, diocèse...). Les craintes des populations sur l'avenir trouvent une réponse satisfaisante dans la promesse d'une vie meilleure dans l'au-delà et les lieux de cultes et de baptême de masse se multiplient. On peut s'apercevoir que plus l'état romain se dissout et plus les princes de l'Eglise (évêques) enrichis par les dons fonciers de riches fidèles prennent le pouvoir politique, à tel point que les évêques sont également les représentants de l'état. C'est à cette époque qu'apparaissent aussi les premiers moines sur les îles d'Hyères et de Lérins. L'abbaye de saint Victor est fondée à Marseille.
412 :
En
412, les Wisigoths sont installés sur tout le Sud-Ouest de la France actuelle.
Alliés des romains, ils ne tentent pas vraiment de forcer le verrou arlésien.
Mais en 443, les Burgondes installés en Savoie pénètrent jusqu'à Valence,
Die et Embrun puis en basse Durance. Leur roi Gondioc se fait nommer par la
force "chef militaire des Gaules". Euric le roi Wisigoth, voyant que
les romains ne sont pas invincibles, se dégage de ses obligations, prend Arles
en 471 et ravage toute la basse vallée du Rhône. Rome charge 4 évêques
provençaux de conclure la paix avec Euric en échange de l'Auvergne.
476 :
Le dernier empereur romain Romulus Augustule est déposé par un coup d'état, cet événement fixe la fin de la Gaule romaine. Euric entre à Arles et Marseille et toute la Provence est partagée entre Wisigoths au sud de la Durance et Burgondes au nord du fleuve.
Les populations sont alors pour la première fois sous le joug de barbares à qui ils doivent l'"hospitalitas" (entre la moitié et les deux tiers des terres ainsi que des esclaves), les barbares jouissent de l'immunité fiscale. Les populations sont dispensées du service militaire.
Cette fin d'époque voit à nouveau la prospérité de Marseille grâce au déclin d'Arles dès 475. L'organisation administrative est confiée à des comtes et à des ducs.
Il semble que ceux qui se sont le mieux sortis de ce bouleversement soient le clergé; pour des raisons qui restent obscures et malgré la religion arianisante des envahisseurs, le clergé continue son expansion.
| Haut de la Page | Infos Editeur | Nous Contacter | Faire une recherche sur le site | ||
| Vous avez trouvé ce site intéressant ? Dites le à vos Amis | Envoyez une Carte Postale Virtuelle de Provence | ||||