Accueil
Revenir à la page d'accueil

Bannière de Netprovence.

Nous sommes le :

Soyez les bienvenus !

Sortir en Provence

Guide  Touristique

Histoire de la Provence

Dossiers thématiques

Annuaire Provence

Bureau de Poste Tourisme

Préhistoire Antiquité Du VIe au XVe Du XVe au XVIIIe Histoire Moderne  

De la Révolution à nos jours

Le XIXème et le XXème 

DE LA REVOLUTION A NOS JOURS

Durant la période passée et du fait des nombreux anoblissements, les terres sont réparties de la façon suivante : 6% pour le clergé qui s'est bien redressé, 30% pour la noblesse et 50% au peuple. Les possessions nobiliaires sont particulièrement concentrées en basse Provence. Les paysans ne disposent que de 5 à 15 hectares alors que les autres propriétaires possèdent de grands domaines enviés des premiers.

La misère causa la révolutionLes villes ont la particularité de compter encore de nombreux travailleurs agricoles et de petits artisans (il y a pour Marseille plus de cordonniers, tailleurs et maçons que d'ouvriers industriels). Ces petites gens, du fait de leur grand nombre, sont la plupart du temps pauvres et envient les marchands et bourgeois "nantis".

En bref, la "fracture sociale" est déjà présente et elle cause en partie la révolte.

Le désordre part encore une fois des parlementaires et juristes aixois; ceux-ci, menés par l'avocat Pascalis qui défend des thèses fort contradictoires (lutte contre les privilèges fiscaux de la noblesse et du clergé et tendance réactionnaire provincialiste), sont soutenus par l'ancien parlement qui rejette la baisse des impôts dont ils bénéficient, mais qui voit dans la régionalisation une opportunité de puissance nouvelle.

Lors de la convocation des états en 1787, on compte 62 membres du tiers états, 19 du clergé et 128 nobles. Cette ancienne forme de parlement ne transige pas, comme ailleurs en France, sur les impôts et il est de plus en plus détesté par le peuple.

En réaction, les représentants se réunissent seuls à Lambesc pour réclamer l'égalité devant l'impôt, une nouvelle réunion des états de Provence en même temps que les élections pour les états généraux. La noblesse triomphe à nouveau avec une convocation similaire à la précédente. Le tiers état conteste l'assemblée aidé par un transfuge noble de poids, le Comte Mirabeau, qui dans son fameux discours du 30 janvier 1789, dénie aux états de Provence le droit de représenter la nation provençale et appelle à "l'élection libre d'un peuple qui use de ses droits".

Le peuple réagit très tôt à ce courant de révolte, en juin 1788 le peuple d'Aix manifeste brutalement son hostilité aux ennemis des réformes, en janvier 1789 les paysans du terroir offrent leur service à Mirabeau. Ces événements font grand bruit et on pense que la Provence est soulevée.

Les révoltes partent des villes, puis gagnent progressivement les campagnes, elles éclatent pour un rien (à Manosque, Monseigneur Suffren est lapidé car soupçonné de s'accaparer du grain), dès mars 1789, sont visés non seulement les nobles et le clergé mais aussi les municipalités autonomes (les hôtels de Ville sont saccagés). En haute Provence, où les nobles propriétaires sont prépondérants, la révolte est dirigée contre eux (on pille et on brûle les châteaux).

Jusqu'à 1791, c'est Marseille qui anime la fureur révolutionnaire, durant ces deux ans, les luttes sont sanglantes entre les révolutionnaires et la garde bourgeoise constituée de nobles ainsi que de leurs salariés. D'importants désordres touchent également le futur Vaucluse, propriété du pape. Les Avignonnais révolutionnaires s'opposent au reste du Comtat favorable à la royauté, le meurtre du citoyen Lescuyer entraîne l'immolation de 60 prisonniers royalistes. L'assemblée constituante accepte le rattachement en 1791. Arles qui compte de nombreux aristocrates est également le théâtre de violents épisodes, le député Marseillais Barbaroux vient déloger les nobles à la tête de troupes révolutionnaires. Digne, par sa ferveur révolutionnaire, s'instaure capitale des basses alpes.

En 1792, la crise économique se continuant, la contre révolution pense pouvoir frapper, mais s'est sans compter sur les jacobins Marseillais qui écrasent ces mouvements dans ce que l'on appelle la terreur. De ce club Marseillais défendant la constitution, on décrète que : "la royauté était contraire aux principes de l'égalité et de la souveraineté nationale", on organise des actions spectaculaires et sanglantes en Arles, à Sisteron, aux Mées; on annonce en juillet le départ pour Paris d'un bataillon de 500 marseillais qui entonnent paraît-il la marseillaise composée par Rouget de La prise de la Bastillel'Isle. La part qu'ils prennent au siège des Tuileries laisse des traces. La peur du complot aristocratique entraîne des défoulements collectifs qui restent dans les mémoires (on danse la farandole lors des grandes pendaisons). La fureur du peuple s'oriente sur les nouveaux conseillers généraux: à Toulon, on délivre 2000 galériens qui "parcourent les rues en poussant des cris sauvages". Les campagnes ne sont pas épargnées et l'on peut se demander pourquoi quelques années plus tard elles deviendront si anti-révolutionnaires.

En 1793, le général d'Anselme s'empare du comté du Nice qui adhère tant bien que mal à la révolution et demande son rattachement à la France en 1794.

En Provence, préside ce que l'on analysera plus tard comme une volonté socialiste et collectiviste. Cet état d'esprit fait qu'à la chute des Girondins, la Provence menée par Marseille s'oppose à la révolution, change de camp et apparaît presque royaliste, obligeant l'armée française à réagir. Celle-ci reprend la Provence morcelée entre divers courants, dont certains souhaitent même le rattachement à l'Angleterre. N'oublions pas de cette époque la prise habile de Toulon par un petit capitaine d'origine corse nommé Bonaparte.

Epoques napoléoniennes :

Après de nombreuses péripéties et de massacres contre-révolutionnaires, l'époque Napoléonienne ramène enfin le calme. Le bilan est lourd, de nombreux marchands ont fui, emmenant la prospérité commerciale; les terres sont peu cultivées et des bandes de brigands sévissent partout.

L'énergie des administrateurs ainsi que le retour de la liberté des cultes fait rentrer les choses dans l'ordre. Enfin, Napoléon ramenant le pape à Rome est largement salué en 1814, malgré de nouveaux impôts et la conscription toujours plus nombreuse.

La citadelle de SisteronOn voit passer l'empereur déchu, emmené sur l'île d'Elbe; tout au long de la route, insultes et menaces de mort l'accompagnent. Puis, le 1er Mars 1815, on voit passer dans l'autre sens, avec une certaine crainte l'empereur accompagné de seulement 1200 hommes sur ce que l'on nommera la route Napoléon. La troupe audacieuse face à l'hostilité des provençaux utilise de minuscules chemins, passe à Grasse, Digne et arrive à Sisteron dont la citadelle représente un sérieux obstacle. Sisteron, au grand étonnement de l'Empereur, ne résiste pas. Elle se rend à Cambronne (celui qui était impoli avec l'ennemi) envoyé en avant garde. Pourtant elle est franchement hostile, dispose de fortifications imprenables, de canons et de boulets, malheureusement une organisation toute française a oublié de livrer la poudre.

Ce retour réouvre la plaie entre patriotes et royalistes, on craint même qu'un soulèvement ne se produise.

LE XIXème et le XXème siècle

La restauration de Louis XVIII et Charles X ramène le calme. La révolution de 1830 est peu active, le pouvoir est donné à des commerçants libéraux mais conservateurs, anticléricaux mais antidémocratiques. A cette même époque, commence à se constituer parmi les petits commerçants et artisans ainsi que dans la jeunesse instruite des oeuvres de Saint-Simon un courant de gauche que l'on peut qualifier pour l'époque de préhistoire du socialisme.

A partir de 1835, il faut songer à reconstruire le pays, les préoccupations révolutionnaires et impériales sont un peu mises de côté, le choléra et le gel des oliviers étant juste passés, on s'emploie partout à relancer l'activité, ce qui était possible puisque plus grand chose ne fonctionnait.

De nombreuses routes sont améliorées et rendues carrossables aux nombreuses diligences, des ponts remplacent les bacs, les ports sont aménagés pour recevoir les bateaux à vapeur en mer et sur le Rhône, en 1848 le chemin de fer apparaît entre Avignon et Marseille. Les villes sont modernisées (le Prado à Marseille...), on éclaire au gaz, on démolit les remparts sauf en Avignon où ils ne gênaient pas, à Toulon pour cause militaire et à Aix pour cause de conservatisme qui sera dénoncé par Zola anachronique enfant du pays dans la "fortune des Rougons".

Les colonies dynamisent l'économieL'industrie progresse et se concentre sous l'impulsion de la machine à vapeur, on produit toujours peaux, papiers, poteries, tuiles, la verrerie se modernise, le savon aussi, les filatures de draps et de coton disparaissent mais la soie prend de l'ampleur, le charbon est partout exploité en particulier sur le bassin de Gardanne où l'on fore le premier puits de mine vertical, à Marseille, une industrie métallurgique et mécanique voit le jour, on développe les huileries, raffineries de sucre, fabrique de pâtes, chimie pour la soude servant à fabriquer le savon, la forêt des Maures est mise en péril pour le liège qui permet de fabriquer les bouchons, Grasse développe la parfumerie.

Sur le plan agricole, on assèche Hyères et Fréjus, les canaux d'irrigation se multiplient, François Zola, père d'Emile, construit un barrage réservoir en amont d'Aix, les agronomes introduisent la charrue moderne et de nouvelles formes d'assolement qui font progresser les rendements bien que les paysans préfèrent toujours la faucille à la faux et laissent pourrir le fumier au milieu des rues des villages.

La population passe de 827 000 en 1801 à 1 135 891 en 1851, les basses Alpes sont au niveau le plus élevé de tous les temps avec 156 000 habitants, pourtant dans ces régions de montagne où les gens sont étranglés par les grands propriétaires (les obligeant à avoir plusieurs activités ou employeurs pour survivre), on assiste à une émigration vers le littoral et à une haine farouche du noble et du bourgeois.

1848 :

Ce malaise social et les mauvaises récoltes de 1847, comme dans de nombreuses régions de France, vont entraîner que l'avènement de la république sera perçu comme une libération; averti par le télégraphe, on devance les nouveaux envoyés du pouvoir et l'on prend d'assaut les mairies souvent haïes, on plante des arbres de la liberté, et on accueille favorablement les commissaires de la république. Il se trouve cependant que cette révolution amène encore des bourgeois et assez rapidement le courant socialisant qui prend de l'ampleur donne le jour à des manifestations ouvrières et à la création de coopératives ouvrières de production. Le 12 juin, les volontaires français allant se battre dans le Piémont passent à Marseille, ils sont si misérables que la population manifeste, quelques échanges de coups mettent le feu aux poudres et les insurgés dressent des barricades, il faudra réprimer cette affaire dans le sang (une cinquantaine de morts et 400 arrestations). En décembre, les élections présidentielles sont représentatives des clivages politiques qui subsisteront durant un siècle. En France Louis Napoléon Bonaparte est élu avec 75% des suffrages, en Basses Alpes, il fait 59%, en Vaucluse 52%, dans le Var 25% et dans les Bouches du Rhône 23%, La gauche s'enracine en ProvenceLedru Rollin pour la droite modérée fait en moyenne 15% contre 5 en France et Cavaignac, la gauche socialiste, plus de 40% contre 20 en France.

Les tracasseries du nouveau gouvernement envers les socialistes donne lieu à des révoltes "rouges", qui heureusement ne donnent pas lieu à trop d'exactions, on se contente de désarmer les riches, de constituer de petites gardes nationales et former des colonnes pour marcher sur les préfectures, seule celle de Digne sera prise quelques jours. Les troupes régulières se chargent partout de disperser ces colonnes et de remettre en place préfets et maires. Les proscrits de 1851 seront environ 6 000 à être déportés en Algérie.

Napoléon III passe en Provence et accorde certains privilèges aux villes afin de s'assurer de leur soutien.

Economiquement, ce second empire est comme partout en France bénéfique à l'industrie. Le chemin de fer est relié à Lyon et à Paris puis à Nice en 1864, le département des Alpes Maritimes se complète de Nice et d'un morceau du Var, donnant naissance à une zone d'accueil pour les séjours de santé et les plaisirs mondains inaugurant la première vocation touristique de la région. Le train qui achemine le blé du nord entraîne un abandon progressif de la culture du blé au profit de la vigne et pour la première fois des fruits et légumes et de fleurs, Marseille promu grand port international passe en 20 ans de 195 000 à 312 000 habitants, drainant toujours plus de bas alpins qui voient leur département se dépeupler sensiblement.

Ce déracinement trop important et trop rapide commence à pousser les citadins à vouloir retrouver leurs traditions, un des résultats est la naissance du Félibrige en 1854 où Mistral assure la promotion de la langue provençale de plus en plus abandonnée et qui fixe l'âge d'or à une époque rurale.

En 1870, l'annonce des premières défaites qui nous font perdre l'Alsace et la Lorraine est relayée dans cette région où les groupes socialistes sont importants, on constitue rapidement une ligue de défense nationale avec comme objectif inavoué la décentralisation et l'indépendantisme régional. Marseille se retrouve aux prises avec deux communes insurrectionnelles consécutives qui sont réprimées par le gouvernement de Thiers en occasionnant la mort de 200 insurgés et l'exécution de leur meneur Gaston Crémieux.

De 1870 à 1940 :

La guerre de 1870Le développement de la puissance maritime anglaise ainsi que l'avènement de puissances industrielles nouvelles comme l'Allemagne et l'Italie et l'ouverture de routes à travers les Alpes entraîne une baisse du trafic dans la vallée du Rhône, heureusement comblée en partie par l'ouverture de la route de Suez et le développement des colonies africaines.

La population à Marseille passe de 300 000 à 600 000, le trafic est important (premier port de France), toutefois, celui-ci décline assez vite du fait de la création de compagnies maritimes détachées du négoce, qui utilisent les routes plus rapides et la vapeur font tomber les prix de façon incroyable. Les Marseillais réagissent vite en développant la transformation industrielle seule capable de maintenir les flux de marchandises.

Les mines de Gardanne se développent, ainsi que les tuileries et les briqueteries, les fours à chaux et les cimenteries, la chimie qui fabrique soude et souffre (engrais agricoles), la bauxite pour l'aluminium, les industries alimentaires (chocolat, biscuits, minoterie, semoulerie, sucrerie), la chapellerie (casques coloniaux), enfin une industrie mécanique pour les bateaux à vapeur et le matériel oléicole et vinicole. Toute cette industrie permet de conserver le transit commercial et fait de Marseille le grand magasin des colonies.

En dehors des Bouches du Rhône, les Alpes Maritimes s'en sortent bien grâce au tourisme qui ne cesse de se développer sous l'impulsion d'artistes parisiens et de riches anglais. Le Var développe ses activités autour de la flotte de Toulon, chantiers navals, arsenaux. Le Vaucluse s'en tire tant bien que mal avec son agriculture traditionnelle et maraîchère que le couloir du Rhône permet d'exporter. Quant aux deux départements alpins, la débâcle s'accentue, les petites manufactures ferment, les habitants partent et les terres cultivées diminuent, de plus les nombreux morts de la 1ère guerre mondiale créent un trou dans les classes jeunes de la population, ce qui se révèle catastrophique sur le vieillissement d'une population peu nombreuse. Seul aspect positif, la forêt et les pâturages reprennent vigueur.

Signalons aussi la nuit du 11 juin 1909 où un tremblement de terre secoue Lambesc, Rognes, Vernègues, Salon, résultat 40 morts, des milliers de sans abris.

La guerre de 1914 à 1918 ne se déroule pas en Provence, malgré tout un épisode fâcheux défraie la chronique. Gervais, sénateur et journaliste écrit dans un quotidien national le 24 août 1914 un article consacré à la bataille de Morhange en Lorraine. Il affirme qu'une division du XVème corps, composée de provençaux prise d'un subit affolement a lâché pied face à l'ennemi et il exhorte les Provençaux à prouver leur valeur guerrière ainsi que leur attachement à la France. Il s'avère que la défaite doit politiquement retomber sur des moins français et ce sont les La guerre de 1914-1918Provençaux qui en font les frais. Poincaré reconnaîtra ensuite dans ses mémoires : "Le XVème corps a cédé devant des forces supérieures mais il est resté entre les mains de ses chefs." Cet épisode désagréable montre que la Provence restait un membre gracieux mais fragile de la grande France.

La période entre les deux guerres est marquée par une stagnation des activités régionales, ceci est d'ailleurs surtout vrai pour Marseille. La côte d'azur privée de sa riche clientèle étrangère voit arriver avec bonheur les vacanciers de Léon Blüm, Grasse étend la culture des fleurs à parfum. Pour l'arrière pays, c'est la catastrophe, en 1936 les Préalpes ont perdu 50% de leur population, sur le plateau de Valensole et dans la vallée de l'Asse c'est le désert (ne reste que 15% de la population), les stations de ski ne sont pas encore présentes et seul Digne s'en sort grâce aux cures thermales. Pour le Vaucluse, la culture des primeurs est à son apogée, la mécanisation est forte et Avignon s'entoure d'industries.

Cette époque sera également marquée par l'extension des activités maritimes et industrielles (premières raffineries de pétrole) autour de l'étang de Berre, ainsi que la création de l'aéroport de Marignane en 1923. A noter également la création en 1933 de la compagnie nationale du Rhône qui en cinquante ans domestiquera le Rhône dont les crues étaient dévastatrices.

Notons enfin que la forte prédominance politique socialiste a toujours entraîné mouvements de grèves et tentatives de rébellion en particulier lors de l'engagement français antisoviétique de 1919 et 1920, le roi de Yougoslavie et le Ministre Barthou furent assassinés sur la Canebière en 1934.

1935 à 1939 :

1935 annonce en Provence l'arrivée des communistes avec une première élection partielle sur Toulon. Des grèves touchent le bassin minier et bien sûr Marseille. Aux élections de 1936, le front populaire remporte 19 sièges sur 23 (le président Daladier fut élu député dans le Vaucluse), les communistes remportent 5 sièges. En analysant les résultats on constate à nouveau la particularité des ruraux provençaux toujours à la pointe de l'extrême gauche depuis maintenant 100 ans. Evidemment, les mouvements de grève seront particulièrement suivis, on invente la grève sur le tas et on revendique fort les promesses faites par les nouveaux élus.

A cette époque, l'incendie des "Nouvelles Galeries" sur la Canebière à Marseille cause 70 morts et met en évidence la carence des élus locaux, tant et si bien qu'un administrateur fonctionnaire d'état est nommé pour diriger la mairie et que le bataillon des marins pompiers sera constitué un peu plus tard.

Le XIXème et le début du XXème sont riches en personnages des arts et de la culture, parmi les plus importants, citons Edmond Rostand, Raspail, Darius Milhaud, Granet, Monticelli, Cézanne qui immortalise si bien la Sainte Victoire, Van Gogh qui en séjournant en Provence rencontre la doyenne de l'humanité, une certaine Jeanne Calment, qui le trouve fort laid. N'oublions pas les Félibriges qui maintiennent la langue provençale qui est une langue écrite et non un banal dialecte. Ce mouvement entamé par Gustave Bénédit et Victor Gelu se poursuit avec des membres prestigieux comme Roumanille, Aubanel, Anselme Matthieu, Jean Brunet, Alphonse Tavan Paul Giéra et bien entendu Frédéric Mistral. Mistral qui a l'intelligence de ne pas sombrer dans la politique en défendant les valeurs rurales domaine sur lequel il aurait été certainement suivi, sa popularité étant telle qu'en 1913 le président Poincaré fait arrêter son train à Maillane pour visiter le poète et l'invite à déjeuner dans son wagon.

Laissons une place particulière à Emile Zola dont l'oeuvre socialisante fait qu'il est peu mis en valeur dans sa bonne ville natale d'Aix. Citons également plus proches de nous, Vincent Scotto, Jean Giono, mais aussi et surtout Marcel Pagnol qui a si bien décrit les moeurs et le terroir des provençaux.

La deuxième guerre mondiale :

Jean MoulinEncore une fois cette guerre "n'a pas eu lieu" en Provence, la région n'est occupée qu'en 1942. Les deux premières années de la guerre voient arriver de nombreux réfugiés, les spécialisations industrielles et l'agriculture spécialisée de la région provoquent de fortes difficultés d'approvisionnement en denrées de base (pommes de terre, viande, produits laitiers). Le régime de Vichy tente de faire renaître les vieux conservatismes sans succès d'ailleurs. Des aristocrates conservateurs et provinciaux au possible sont des héros de la résistance (Honoré d'Estienne d'Orves), fusillé en 1941, des républicains notoires restent neutres, le triste épisode de la flotte de Toulon se sabordant après deux ans d'inertie totale reste encore dans les mémoires

La résistance régionale fut particulièrement forte, surtout après l'extension de la zone occupée en 1942, en 1943 l'occupant exige la destruction des quartiers populeux au nord du vieux port, malgré cela les coups de main continuent; avril, exécution du chef de la milice; juin, attaque à la grenade de soldats allemands sur la Canebière. Les maquis ruraux sont également très actifs, amplifiés par le souvenir des résistances républicaines de 1851, des groupes se forment entre Apt et le Ventoux, dans le haut Var (maquis du Bessillon), dans de nombreux sites des Basses Alpes, en particulier Manosque.

L'organisation des maquis est calquée sur l'organisation de la vieille Provence avec un chef à Aix. L'entité provençale apparaîtra même officiellement lors de la signature d'accord avec les maquis du Piémont.

Ces maquis sont très actifs et mènent de véritables actions de guerre, les représailles sont également violentes (la Roque d'Anthéron, Signes...). Après le débarquement en Normandie, les libérations de Sisteron et de Valréas sont prématurées et donnent lieu à des représailles.

Début août un véritable front s'ouvre dans le Ventoux, facilitant le débarquement de Provence.

Ce débarquement tant attendu se produit le 15 août 1944 sur le littoral varois, il est constitué de forces américaines et de forces françaises commandées par le général de Lattre de Tassigny, le débarquement avait été précédé de parachutistes à la Motte et au Muy près de Draguignan. Battus puis harcelés par de multiples petits groupes de résistants, les Allemands ne peuvent empêcher l'avant garde alliée d'atteindre le Rhône en une semaine.

Les Allemands retranchés à Marseille et à Toulon sont déstabilisés comme à Paris par la révolte de la population, de Lattre fonce sur Marseille où il arrive le 23 août, les Allemands se replient sur Notre Dame de la Garde (la Bonne Mère qui garde encore sur sa façade la trace des balles) attaqués au nord par de Lattre et les résistants, au sud par les Marocains du général Guillaume les Allemands ne tiennent que cinq jours. Toulon se rend le 27.

La Provence contemporaine :

Après la guerre, les choses reprennent leur cours, politiquement le vote de gauche commence à diminuer après 1946, malgré tout, la Provence est encore parmi les régions les plus contestataires, et l'on n'hésite pas à se mettre en grève pour un oui ou pour un non.

L'économie, même si elle semble s'emballer après 1950, porte en elle de profondes carences. Au premier rang, les Allemands en partant ont détruit le port et le reste de la flotte marchande. Le redémarrage est donc très difficile, et l'on sait l'importance des échanges internationaux pour la région.

Les rapatriés d'Algérie s'installent en ProvenceL'indépendance de l'Algérie jette en Provence des centaines de milliers de "pieds noirs" difficiles à intégrer compte tenu du marasme ambiant et de leur culture. Le canal de Suez subit des troubles fermant une nouvelle porte importante pour Marseille, l'essor de Paris entraîne les déplacements de nombreuses entreprises et sièges sociaux. Bref, c'est le marasme et le début du chômage.

Les aspects positifs de cette nouvelle donne n'ont jamais vraiment été anticipés, ni la recherche d'industries nouvelles mettant en avant la climatologie avantageuse, comme en Californie ou en Louisiane, ni une conquête de marchés européens ou mondiaux, la tendance ayant plutôt été orientée sur un repli local.

 

 Ici s'achève l'histoire de la Provence, ici commence l'actualité de la Provence...

 

 

Haut de la Page Infos Editeur Nous Contacter Faire une recherche sur le site  
Vous avez trouvé ce site intéressant ? Dites le à vos Amis Envoyez une Carte Postale Virtuelle de Provence